Pierre et Rodolphe du côté de l’atelier

Pierre Leblanc et Rodolphe Duvacher-Photo-Anik Benoit

 Et durant ce temps-là…Rodolphe ne se pogne pas le beigne ! Il travaille comme un fou sur la structure : la partie Eiffel quoi !

Support (chariot) Eiffel-Rofolphe Duvacher-Photo Anik BenoitSupport (chariot) Eiffel-Rodolphe Duvacher-Photo Anik Benoit

 ROD-Rodolphe Duvacher-AtelierTous les matériaux doivent impérativement être descendus dans le sous-sol, étant donné que son atelier est situé à ce niveau sur Aird à Montréal. 

Moi je suis au second au #202. J’ai souvent à faire la navette sur ces trois étages, parce qu’on oublie toujours quelque chose.  Donc en haut et en bas et vice et versa !

Disons que ça tient en forme!

Rodolphe Duvacher et Pierre Leblanc-Photo Anik BenoitJe partage l’espace de ma sculpture avec son Harley Davidson, fraîchement arrivé de Bretagne.  Oui Rodolphe a finalement fait venir sa moto qui était entreposée chez ses parents depuis son départ pour le Québec.

Pierre Leblanc sur la moto de Rodolphe Duvacher-Photo Anik BenoitDonc la moto doit être sortie chaque matin afin de nous donner de la place et ainsi la tour peut être montée.  Mais elle aussi doit sortir pour qu’on puisse travailler sur les autres parties de l’œuvre.

Pierre Leblanc dans son atelier-Photo Anik BenoitPendant que je faisais le coffre et les sabots en bois et en cire, Rodolphe lui travaillait sur la tour et sur la partie haute illustrant un pupitre d’élève.

Structure (chariot) Eiffel et pupitre-Rodolphe Duvacher-Photo Anik BenoitRodolphe a fabriqué un support (chariot) qui a plusieurs fonctions, dont sortir la tour du local. Son support (chariot) sert aussi à tourner la tour un peu comme un Bar-B-Q. De cette façon nous pouvons installer les tôles de stainless sans les marquer ou les endommager.  Il servira aussi pour qu‘on puisse peindre la structure plus facilement.

Rodolphe Duvacher-Support (chariot) Eiffel-Photo Anik BenoitSupport (chariot)-Eiffel par Rodolphe Duvacher-Photo Anik BenoitEncore des petits trucs qui font que le travail se fait plus facilement.

Donc chacun de notre côté nous avançons pour que le projet soit en place pour le 31 mai, date du lancement.

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En résumé…ça travaille, ça travaille !

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Et nous allons y arriver… !

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L’Arbre ( la découpe à l’eau )

 Bon… ce n’est pas tout !  Il y a encore pas mal de pain sur la planche :  la découpe à l’eau avec mon ami Gilbert Guevremont de chez Transformation Éclipse, à Boucherville. Deux éléments de la sculpture seront réalisés en aluminium découpé.

Gilbert Guevremont et Pierre Leblanc

Logo Transformation ÉclipseCliquez ici pour en savoir plus sur Transformation Éclipse

Petite parenthèse : C’est ma rencontre avec Gilbert en 2004-2005, pour le projet que j’ai réalisé au Centre Hospitalier de Sainte-Agathe-des-Monts, Cliquez ici pour en savoir plus sur la sculpture « Lieu de Force » à l’Hôpital Laurentien de Saint-Agathe-des-Monts qui a fait en sorte de rediriger en grande partie ma pratique de sculpteur vers de nouvelles avenues.  En effet, avec la découpe à l’eau mon travail c’est raffiné énormément. 

Le découpage à l’eau est très précis et n’occasionne aucun stress sur les métaux.  Même mince, le métal ne tord pas.  Alors l’effet dentelle, tant recherché par le passé, se retrouve finalement dans mes œuvres.

Depuis ma rencontre avec Gilbert, j’ai réalisé plusieurs œuvres publiques : des œuvres, disons de “ Nouvelle mouture ” … dont les grilles du Ministère de la Culture à Québec.

Grilles du Ministère de la CultureCliquez ici pour en savoir plus sur Les grilles du Ministère de la Culture à Québec « De Marc-Aurèle Fortin à Vaillancourt en passant par Miron »

Gilbert est aussi partie prenante de plusieurs autres sculptures et murales, dont l’Université de Laval, incluant l’imposante murale à l’intérieur,

Cliquez ici pour en savoir plus sur la sculpture «Naissance, envol et vie… ou Pour la suite du monde» à la Faculté de médecine de l’Université de Laval

la grande sculpture à Saint-Bruno-de-Montarville, réalisée en Aluminium et en acier inoxydable,

Cliquez ici pour en savoir plus sur la sculpture « Nature, environnement. Une mission avouée. Audace, délire et rêve » à Saint-Bruno-de-Montarville

ainsi que d’une plus petite réalisée en acier dans le parc attenant au Centre d’exposition du Vieux Presbytère, près de l’étang

Cliquez ici pour en savoir plus sur la sculpture « Un orme pour Gaston, ou hommage à Gaston Miron », situé aux abords du lac du Village

Cliquez ici pour en savoir plus sur l’exposition « Grandeur nature » au centre d’exposition du Vieux-Presbytère de Saint-Bruno de Montarville

et aussi la murale extérieure sur la façade de l’école Saint Eugène à Mont-Laurier, une murale intérieure à la MRC d’Argenteuil à Lachute, de même que l’école  Performance Plus situé aussi à Lachute,  du Centre Communautaire  de Saint-Faustin et d’une autre murale intérieure, mais cette fois à Montcalm dans les Laurentides. Et ainsi de suite…

Les deux éléments

La branche-Maquette de Pierre Leblanc

Arbre-Pierre LeblancArbre complet-Pierre LeblancBon… j’ai dit 2 éléments qui devront être découpés, mais en réalité les deux en font trois.  Sur la tour, plaqué  à l’avant,  il y aura un agrandi d’une branche d’orme découpé dans l’aluminium…toujours l’orme, mais cette fois elle se terminera tout en bas par une feuille surdimensionnée par rapport à la branche. 

La branche-Maquette de Pierre LeblancLa dentelle est ainsi illustrée via cette branche. La feuille illustre les élèves de l’institut.

Ces deux composantes, la branche et l’arbre, symbolisent à la fois  le métier de “ dentelière ” que les sœurs apprenaient aux jeunes filles au tout début de leur arrivée au pays, afin de leur donner les moyens de se sortir de leur misère. C’est en quelque sorte l’application du proverbe :

“ Vaut mieux montrer à pêcher que de donner du poisson. ”

Sable dans main de GilbertLe dessin enfin corrigé (car il part d’un croquis réalisé une fois le contrat obtenu) et élaboré, il est prêt à passer entre les mains de Gilbert.

Arbre complet-Pierre LeblancCe fût la même chose pour les dessins de l’arbre, car lors de la présentation il était découpé d’un seul plan, mais finalement, même si cela faisait en sorte que cela me coûte plus cher, ma décision fut prise de l’élaborer sur trois plans. C’est en me levant l’autre matin que j’ai trouvé la solution, j’ai donc dû redessiner certaines parties de l’arbre.

Pierre Leblanc dans l'atelier

Installation sculpture Pierre Leblanc-Ville de Saint-Bruno-de- MontarvilleAfin de ne pas faire comme par le passé et découper l’arbre d’une seule pièce : j’ai appliqué une partie de la solution apportée à la sculpture de Saint-Bruno-de-Montarville, réalisée en 2009, mais avec quelque chose de plus dentelle, et ce, sur trois plans.

Symbolique : L’arbre / La Transmission des savoirs.

Par sa présence, l’arbre symbolise la transmission des savoirs par l’intermédiaire de l’instruction donnée par les enseignants et spécialistes qui ont à cœur l’éducation des jeunes.

Orme pour Gaston Miron de Pierre LeblancEn deuxième lecture, l’arbre représente la généalogie de la congrégation, du lieu en terre québécoise et de leur enseignement.  L’enseignement pour sa part, étant devenu à travers les années  laïque, n’a aucunement fait ombrage à l’œuvre des sœurs, car le travail se dirige toujours sur les mêmes voies, avec les mêmes paramètres.

En passant, l’Orme est “ l’arbre-fétiche ” que j’utilise depuis plusieurs années au sein de plusieurs de mes œuvres publiques.

Maintenant que les dessins sont rectifiés,  alors vivement chez Gilbert, pour la continuité de l’œuvre !

Fonderie d’Art d’Inverness: aller-retour

 Fiou ! Enfin, après trois semaines intensives de construction et de modelage à la cire à modeler, mes trois objets : le coffre et les deux sabots, sont finalement réalisés ! C’est vraiment pestant de travailler la cire, car cela me fait tousser à la longue. Les vapeurs sont infects ! Il faudrait que je soit mieux ventilé, mais ça c’est une autre “ ball game ”.

Entre temps, j’ai dû m’absenter 4 jours afin de me rendre à Amos pour défaire mon exposition Signes et Repères au Centre d’art d’Amos, montée au début de janvier.  « On the road again »…Disons que c’est loin un peu, sept heures de route depuis Val-David, mais les gens là-bas sont tellement trippants que cela compense amplement pour tous ces efforts ! En revenant, après avoir déchargé seul le contenu d’un camion de 17 pieds loué à Amos (rempli jusqu’à ras bord),  je m’empresse de retourner à l’atelier de Montréal, afin de terminer les derniers petits détails sur les cires. 

Cliquez ici pour en savoir davantage sur l’exposition Signes et Repères au Centre d’exposition d’Amos

Pierre Leblanc dans son atelierPuis le jour suivant, après ma journée de travail sur les fameux petits détails qui n’en finissent plus,  je demande à Rodolphe, qui se pointe le nez dans mon local, si ça lui dirait que nous allions tous les deux à la fonderie afin d’aller porter les fameuses cires.  Ainsi il pourrait voir de quoi il en retourne. Rodolphe est emballé par cette perspective. À la première heure d’un jeudi matin ensoleillé, il va louer une voiture rue Berri et passe me prendre vers huit heures du matin en direction de… La Fonderie d’Art d’Inverness! 

Pierre Leblanc et RodolpheDevant nous : deux heures et demie de route !

La Fonderi d'Art d'InvernessCliquez ici pour visiter le site web de la Fonderie d’Art d’Inverness

L’accueil d’Emmanuel Descoutieras, le grand manitou des lieux, fut très chaleureux ainsi que celle de toute son équipe.  Il a pris le temps de nous faire une visite des lieux en prenant soin de nous expliquer toutes les étapes de la fonderie.

Emmanuel Descoutieras et Pierre LeblancAccompagné d’une partie de son équipe, nous sommes allés dîner dans un restaurant au centre du village : La Cornemuse. 

La CornemuseUn restaurant qui n’est pas piqué des vers, j’vous l’dis ! Rodo a même essayé une bière locale aux bleuets! 

Fonderie d'Art d'InvernessDe retour à la fonderie, Emmanuel a procédé immédiatement sur mes pièces, plus particulièrement sur le coffre, en coupant la partie du haut, faisant ainsi deux morceaux dans le but de faciliter l’étape de la coulée. De plus, en regardant les sabots et le coffre, nous avons convenu de faire des retouches,  afin de  boucher les trous qui, autrement, nous auraient créé des misères une fois les pièces coulées en bronze.

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 Un dépôt de 40% de la somme est payé afin de commencer les travaux …  et mes objets sont partis pour la gloire ! Ou devrais-je dire plutôt, partis pour être coulés en métal ! 

Fonderie d'art d'InvernessJe reverrai le coffre et les sabots dans 5 à 6 semaines pour l’étape finale : la patine ! [coloration]

Retour vers Montréal après une journée fantastique passée à la Fonderie d’Art d’Inverness…

La Fonderie d'Art d'InvernessProchaine étape : la découpe à l’eau avec mon ami Gilbert !!!

Aller… GO ! GO !

La fabrication des cires

 Les cires 

 Bon …   une première partie d’enclenchée avec Rodolphe et le métal de la tour, maintenant le plus urgent… La Fonderie !!!!

 

 Urgent parce que ça leur prend un gros mois et demi pour que le produit soit réalisé en bronze à partir de la cire avec la bonne patine (couleur).  Alors il n’y a pas de temps à perdre, il faut que le coffre et les sabots qui sont les déclencheurs de ma sculpture soient réalisés et rendus à la fonderie pour la mi-mars au plus tard… Afin de couper deux étapes, je décide de modeler les sabots ainsi que le coffre, en bois de balsa et en cire brune de modelage.  Ainsi l’un comme l’autre ira directement au « Shell Cast ».  Sans pour autant passer par l’étape de modelage à la plasticine industrielle et au moule en latex, et delà faire les exemplaires à la cire rouge.

 Et voilà pour les raccourcis et aussi pour l’économie d’argent, car le coût de la fonderie a augmenté un peu trop.  J’aurais trop débordé du budget et je me serais retrouvé encore une fois sans grand profit à la fin !

 Mais avant toute chose et en premier lieu une petite mise en contexte historique tiré de mon texte de présentation:

L’institut Saint-Joseph prendra racine avec la venue au Québec et plus précisément à Québec  en 1903 avec les Sœurs de Saint-Joseph. À travers une continuité sans failles, elles ont transporté avec elles à travers leur vocation, l’éducation et la transmission des savoirs, et ce, depuis leur fondation en 1683.

Monument- Soeurs de Saint-Joseph de Saint-VallierLa sculpture est née  de cette prémisse porteuse de cette constance, à la fois de leur histoire et de l’œuvre d’éducation des Sœurs de Saint-Vallier. En filigrane la sculpture porte en elle, plusieurs objets  propres à la congrégation et qui définissent, à travers leur symbolique,  l’histoire des Sœurs.

Voici, par conséquent ,7 éléments qui habiteront la sculpture, conçue pour commémorer le centenaire de la première école des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier en sol québécois, depuis 1913.

Voici la symbolique des deux premiers (acteurs) éléments.

Les Sabots Symbolique : Les Sabots / l’Accueil

La Naissance d'une sculpture-Les sabotsLes sabots étaient chaussés par les sœurs, pour les travaux en général, dont ceux aux champs symbolisant, selon la sœur Marie Thérèse qui me fit visiter le petit musée, le travail humble que les sœurs effectuaient afin d’être fin prêtes pour l’accueil des gens.

La malle :

Symbolique : La Malle /  La Mémoire de la communauté

La Naissance d'une sculpture-La fabrication des cires-Le coffreElle servit au transport des objets et les effets personnels des membres de la congrégation depuis la France jusqu’au Québec et symbolise la mémoire centenaire de la communauté. 

Donc au boulot…  ça presse !!!

 Allez Go !  Go ! Les cires…

Mon partenaire d’aventure: Rodolphe Duvacher

 Bon bien ce n’est pas tout ça! C’est fantastique d’avoir un projet… mais il faut bien le commencer… Non !

Alors je commence ça comment ?

O.K. Je fais venir Rodolphe et je le mets dans le coup !  C’est quand même avec lui que je vais travailler sur la sculpture. En passant, qui est Rodolphe ? Rodolphe est avant tout un ami, il est Breton de naissance et québécois d’adoption depuis déjà 9 ans, je crois !  Avec lui j’ai déjà réalisé, entre autres,  la sculpture de Saint-Bruno-de-Montarville.  Cliquez ici pour en savoir plus sur la sculpture « Nature, environnement. Une mission avouée. Audace, délire et rêve » à Saint-Bruno-de-Montarville.

Installation sculpture Pierre Leblanc-Ville de Saint-Bruno-de- Montarville

Installation de la sculpture à Saint-Bruno de Montarville. À gauche Rodolphe Duvacher, au centre Pierre Leblanc, à droite Vincent Leblanc.

 Il est plus qu’un simple soudeur. Il est un formidable technicien qui travaille tous les métaux et il est d’une très grande minutie et pour moi qui suis «téteux» sur la réalisation, mais c’est un pareil à moi !!  Avec lui  côté réalisation, je n’ai plus aucune frontière. Pour en savoir plus sur son travail, allez voir son site en cliquant ici

Le lendemain, Rodolphe arrive à l’atelier et durant une bonne heure je lui refais la présentation du projet, mais avec des ajouts complémentaires. Il n’a pas pris de notes, mais il a écouté et après avoir discuté un bon deux heures de choses techniques et de la symbolique de l’œuvre, il a pris congé.

Trois jours plus tard, il me téléphone pour me dire qu’il a pondu quelque chose et qu’il aimerait bien me le faire voir. Le lendemain après midi il passe à l’atelier… et vlan !!!

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc et Rodolphe DuvacherNaissance d'une sculpture-Pierre Leblanc et Rodolphe Duvacher-Structure-Pierre Leblanc et Rodolphe Duvacher-Structure-Naissance d'une sculpture-DessinSans notes aucunes,  Rodolphe a dessiné l’ensemble de la sculpture avec toutes les composantes, et ce, avec les bonnes mesures. Tout ça de mémoire ! Sacré Rodolphe, il m’étonnera toujours ce gars-là !

C’est fantastique de faire affaire avec quelqu’un qui est allumé comme ça…  Un vrai cadeau du ciel ma foi ! Et le cadeau vient de Bretagne ! Tant pis pour eux,  il est québécois maintenant !

Pierre Leblanc et Rodolphe Duvacher-Naissance d'une sculpture

Après quelques légères corrections des mesures de la tour  principale de la sculpture, nous avons décidé de commander le métal : O.P.C. (au plus crisse !), du moins pour la partie Eiffel de la sculpture.

04 finaleOui, oui, car tout comme la statue de la Liberté, même si c’est le sculpteur français Auguste Bartholdi qui est le concepteur, c’est pourtant Gustave Eiffel qui a réalisé la partie structurante de la statue. Un ne va pas sans l’autre : Bartholdi réalise la partie externe, soit l’habillage et Eiffel la partie interne, soit l’armature!

C’est donc le même principe pour ma sculpture : une structure en acier pour la partie interne et l’habillage en inox pour la partie externe. C’est évidemment la partie visible en inox qui donnera les volumes désirés, mais c’est l’ensemble des deux parties, interne et externe, qui deviendra la sculpture proprement dite.

À suivre…

Présentation de mon projet devant le comité

  Délai, absence et attente.

Le 10 décembre 2012 est la date retenue depuis plus d’un mois et demi pour la présentation de ma maquette, soit le même jour que les autres concurrents.

Malchance. La chaussée très mal entretenue, en montant la côte vers chez moi à Val-David, cause un  accident avec mon petit camion. Résultat : mal de dos majeur. Je suis obligé de faire faux bon et annuler ma présence pour la présentation du 10 décembre.

Pierre Leblanc-Naissance d'une sculpture

Croyant perdre le droit de me présenter devant le jury, j’ai contacté en catastrophe monsieur Servant, le directeur du comité d’administration, pour lui expliquer la situation. Malgré la complication de réunir tous les membres du comité en ce temps des fêtes, on m’annonce la possibilité de me reprendre une semaine plus tard, soit le 17 décembre 2012. Je suis très reconnaissant de leur compréhension et heureux d’avoir la chance de pouvoir participer à l’appel d’offres… Fiou !

©Photo: Anonyme

©Photo: Anonyme

J’arrive à Québec la veille de la présentation, car il y a une tempête de neige. Ma présentation aura bel et bien lieu comme prévu. Le lendemain, le lundi 17 décembre 2012, je me présente enfin devant le comité. Le directeur général de l’Institut Saint-Joseph, le directeur du comité d’administration et six sœurs de la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier dont la directrice, forment le comité. Tout le monde est présent sauf pour l’architecte, qui a eu un empêchement majeur. Après moi, c’est au tour de l’architecte !

Après la présentation d’une durée d’environ une heure, j‘étais soulagé, mais aussi nerveux d’avoir à attendre encore un peu avant de savoir si on a cru en mon projet ou pas.

Lorsque je m’apprête à aller chercher mon matériel, monsieur Servant me demande si je peux me rendre au bureau de l’architecte afin de lui faire une présentation à Saint- Hyacinthe, à ses bureaux. Les dates ne me conviennent pas du tout. Suite à une consultation des disponibilités de part et d’autre, il est convenu que je dois me représenter à nouveau le 3 janvier 2013 avec cette fois, la présence de l’architecte.

Ouf ! Je suis reparti chez moi avec des questionnements et des incertitudes, mais je me suis réconforté en me disant que ce délai me donnait la possibilité de parfaire mon projet. J’ai encore du temps, c’est toujours ça de pris !

Malgré l’attente, je me retrousse les manches et je retravaille à fond mon projet, car mon mal de dos m’avait empêché d’élaborer le projet et j’avais un peu trop tourné les coins ronds. Je peaufine davantage mes prototypes : je refais mes maquettes au 1/5 de l’échelle, mais cette fois en plasticine industrielle et je réalise plusieurs autres dessins techniques. Il y a encore un gros dix jours à travailler, mais si on veut vraiment une chose, on travaille fort afin d’y arriver.  Et c’est tout ! 

Atelier Pierre Leblanc-Naissance d'une sculpture

 Mon truc à moi !

Plusieurs me demandent souvent :

Qu’est-ce que ça prend pour faire une bonne présentation? 

À cette question, je leur réponds :

Premièrement tu dois connaître ton affaire à fond : ta démarche, le propos à traiter, les matériaux. Il ne faut surtout pas voir des problèmes, il faut voir que des solutions !

Deuxièmement, il faut être un communicateur…cela aide énormément !

Ensuite il faut savoir se présenter, car c’est de la vente que nous faisons. Être bien habillé et avoir de l’entregent, c’est de mise !  Pour ma part ce n’est pas difficile, car j’aime énormément les gens!  À mes débuts, j’étais tellement gêné… je passais si près des murs que je me faufilais entre la peinture et le mur !

Le but de la présentation est, bien évidemment, de vendre le projet. Le souhait qui sous-tend est de pouvoir réaliser le projet pour pouvoir en faire un autre, un autre et encore un autre…En ce qui me concerne, c’est de toujours avoir cette possibilité de créer une nouvelle sculpture publique monumentale, car c’est vraiment à travers ces réalisations publiques que je m’accomplis et que je me sens vraiment bien !

Pour la présentation j’apporte :

Page couverture-Projet Institut Saint-Joseph-Naissance d'une sculpture

Des maquettes de différentes échelles.
Des prototypes.
Des dessins techniques, des échantillons, des matériaux d’ancrages, etc.
Un document contenant toutes les informations pertinentes du projet afin que chacun des membres du comité trouve les réponses à ses questions. Il est important d’y inclure un texte de présentation et un budget détaillé.

 

 Prise deux. Doute, attente et décision.

Pierre Leblanc-Départ Québec-Naissance d'une sculpture

Prise deux. Retour à Québec pour la deuxième  présentation. 3 janvier 2013. Tous les membres du comité sont présents avec cette fois, l’architecte. Pendant que les sœurs arrivent et prennent place, spontanément j’ouvre la séance qui crée un écho de rires : « Bonjour Mesdames, je reviens avec une dizaine de jours de plus de travail… j’ai pu “upgrader” ma maquette !

D’entrée de jeu, j’ai réussi à capter l’attention du comité puis j’ai débuté ma présentation, version“upgradée” !

À la fin de cette dernière présentation, je suis allée attendre à la Bibliothèque, juste à côté de l’école, afin d’attendre le délibéré. Après une vingtaine de minutes, le directeur de l’école Monsieur Jean-Guy Lussier, est venu me chercher et nous sommes retournés à l’école.

Pierre Leblanc-Attente Bilbiothèque-Naissance d'une sculpture

Chemin faisant nous avons parlé de la température, de la neige, mais pas du comité devant lequel je venais de performer, ni du projet.  Je me disais intérieurement : il ne veut pas m’annoncer la mauvaise nouvelle, il attend que je sois arrivé à l’école. Inutile de vous dire que le chemin de 4 à 5 minutes m’a paru comme une heure !

En arrivant à l’entrée de l’Institut Saint-Joseph, monsieur Servant nous attend. En jasant du projet, il m’annonce que j’ai obtenu le projet ! Houppi !!! Mais j’ai eu le « Houppi !» intérieur, car il fallait régler quelques éléments techniques pour que démarre rapidement le projet prévu pour la  fin mai… Oui en effet… ça vient  toujours trop vite l’échéance !

Les réjouissances  viendront après !

Je suis donc retourné à l’étage, au lieu de ma présentation, afin de remettre le tout en boîte et savourer grandement, après pratiquement 1 mois et demi d’investissement émotif et des blessures au dos, cette petite victoire. Quel soulagement et quelle joie !

Du travail pour les mois à venir ! Ma raison d’être!    Finalement …

Allez…go! 

Visualisation de l’espace

 Après ma rencontre avec Soeur Marie-Thérèse et le directeur général Monsieur Jean-Guy Lussier, j’ai sorti papier, crayon et appareil photo pour prendre les dimensions du lieu, de l’édifice, du socle, de l’entrée, du pavé, du parvis, etc. afin de visualiser l’espace. 

Petit détail, j’avais omis d’apporter un gallon à mesurer (tape) !!! Il a bien fallu que je me débrouille autrement. J’ai donc utilisé mon corps comme outil de mesure, tout comme j’avais fait à Arles en Provence en 1984 lorsque j’ai voulu prendre les mesures du pont de Langlois peint par Van Gogh dans sa période Arlésienne en 1888. C’était pour mon projet de sculpture Pont d’Arles en transfert qui est au Musée de Lachine. 

Pont d'Arles 1984. Pierre Leblanc

Pierre Leblanc devant le Pont d’Arles.1984.

Cliquez ici pour en savoir plus sur la sculpture Pont d’Arles en Transfert au Musée de Lachine.

Alors sachant que ma grandeur est de 5 pieds et 9 pouces  et   que ma pointure de chaussure est  9, je me suis servi de ces deux repères corporels comme gabarit. 

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc-Institut Saint-Joseph-Dimensions

 En installant mon pied près du socle, cela m’a permis de me donner un rapport assez exact afin de connaître les mesures du socle.

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc-Institut Saint-Joseph-Dimensions

 En faisant prendre une photo de moi près du mur de l’entrée de l’édifice, j’ai été capable de connaître la hauteur que je cherchais jusqu’au linteau rouge.

 

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc-Institut Saint-Joseph-Dimensions

 Mon corps mis en rapport à l’édifice m’a donné l’espace que je cherchais à connaître, soit 11 pieds ½.

 En faisant le calcul j’arrive aux bonnes dimensions, à un pouce près.

Ces résultats seront des outils nécessaires…pour entamer la prochaine étape!

Visite de la nouvelle école avec Monsieur Jean-Guy Lussier

 Après la rencontre avec Soeur Marie-Thérèse le 5 octobre 2012, le directeur général de l’Institut Saint-Joseph, Monsieur Jean-Guy Lussier, m’a fait visiter la toute nouvelle école qui sera inaugurée officiellement en janvier 2013. Le thème de cette année est “ Ensemble prenons racine ! ”.

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 Pour en savoir davantage sur l’Institut Saint-Joseph, cliquez ici !

Ma rencontre avec Soeur Marie-Thérèse

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc rencontre Soeur Marie-Thérèse

 Soeur Marie-Thérèse m’a accueilli, le 5 octobre 2012, à la Maison mère des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier à Québec.

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc rencontre Soeur Marie-Thérèse

 Elle m’a fait visiter le petit Musée en prenant soin de commenter chacun des objets porteurs de l’histoire de la congrégation des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier.

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc-rencontre soeur Marie Thérèse

C’est un lieu de mémoire plus qu’un Musée comme tel. C’est peu d’objets, mais ils concrétisent en eux toute une tranche d’histoire des sœurs de Saint-Joseph, 350 ans d’histoire… La congrégation commence ici, en 1650 à Puy-en-Velay en France. Les sœurs sont arrivées au Canada en 1903. Elles ont été à la campagne d’abord et ensuite elles ont pu acquérir le domaine ici en fin d’année 1911. C’est le centenaire de la maison cette année.

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc-Soeur Marie Thérèse

 On nous met souvent comme symbole le puits, le puits où l’on puise de l’eau, cela a tout un sens, mais pour nous ce n’est pas ça, c’est Puy avec un « y ». Puy ne représente pas l’eau mais le feu. Ce sont des restes de volcan. La Chaîne des Puys est une région volcanique et il y a eu des poussées de magma qui sont restées là, qui ont figé là. La ville du Puy a trois pics (trois rochers) : le rocher d’Aiguilhe avec la Chapelle romane Saint-Michel, le rocher Corneille avec la statue de Notre-Dame de France et la cathédrale sur le troisième.

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc-Dentelle-Soeurs de Saint-Joseph

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc et Dentelle-Soeurs de Saint-Joseph

 Ce sont les dames qui ont recueilli les orphelines qui n’avaient pas de parents et pas de revenus. Il n’y avait pas d’assistance sociale à ce moment-là. Il fallait qu’elles trouvent un moyen. Alors pour les sortir de la misère, pour leur donner leur dignité de femme et pour leur donner des moyens de vivre, elles ont inventé la dentelle du Puy. À cette époque, la royauté et la noblesse aimaient la grande dentelle. Elles ont donc montré à leurs jeunes filles comment faire de la dentelle, pour ensuite la vendre aux dames nobles. C’est le moyen que les jeunes sœurs ont pris pour sortir les jeunes filles de la misère.

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc-Sabots-Soeurs de Saint-Joseph

 Un lieu de mémoire c’est un symbole. Les sabots ne sont pas une parure. Elles ont été portées par les sœurs. C’est une chaussure qui est très pratique. Les sœurs ont eu un grand domaine à Saint-Vallier où il y avait un verger, un jardin, des lapins, des poules, etc. C’était tout un domaine! Alors les sœurs qui allaient au jardin et qui allaient dans le coteau pour la vigne, les portaient. C’était pratique de porter les sabots, car le bois respire et garde le pied bien au sec et au chaud, bien plus que le caoutchouc. Et pour que ce soit encore plus chaud, elles mettaient du foin à l’intérieur des sabots.

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc-Sabots des Soeurs Saint-Joseph

 Les sabots portés par les soeurs ont été rapportés de France. Ils ont été portés autant à Puy en France, qu’ici au Québec.

La caractéristique de la congrégation, c’est-à-dire la qualité à laquelle nous tenons le plus, c’est l’accueil. L’accueil cordial, l’accueil chaleureux, l’accueil fraternel. Un accueil pour être prêt à accueillir les gens quand ils arrivent. Ces sabots sont le symbole de tout le travail humble qu’il faut faire pour être capable d’être fin prêt à accueillir les gens. C’est la maison qui est prête, la maison qui est propre, qui est chauffée: il y a de la nourriture, il y a ce qu’il faut. C’est l’accueil que l’on retrouve en quelque sorte à travers les sabots.

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc et Soeur Marie-Thérèse

 Nous avons toujours eu à coeur l’éducation. Les deux oeuvres qui sont reconnues par Rome pour les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier sont: hospitalières et enseignantes. 

En 1683 à Saint-Vallier, monseigneur de Saint-Vallier qui était l’abbé de Saint-Vallier et qui est devenu le deuxième évêque de Québec, était aussi un comte. Sa mère et lui ont fait restaurer ce petit hôpital à Saint-Vallier en France puis il est allé voir l’évêque et les Sœurs pour en prendre la direction. Deux sœurs sont parties du Puy pour venir à Saint-Vallier au Québec et c’est delà que vient la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier. Les Soeurs de Saint-Joseph portent le nom de leur Maison mère. Ce sont des branches indépendantes. Aujourd’hui, ce petit hôpital de Saint-Vallier est le bureau de poste. L’édifice existe encore.

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc et la Soeur Marie Thérèse

 L’état donnait 4 sous par malade, par jour. On les appelait les sœurs à 4 sous ! Il fallait se débrouiller donc les soeurs faisaient des médicaments. Elles allaient cueillir des plantes, elles les faisaient macérer là-dedans. Elles fabriquaient des sirops et des onguents pour leurs malades. Elles n’avaient pas de sous pour les acheter…

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc qui rencontre Soeur Marie Thérèse

 Les soeurs, tout comme la plupart des Français, avaient leurs vignobles. Elles faisaient leur vin: le vin de table et le vin de messe, mais aussi l’alcool pour les malades, pour les soins médicaux. Ces deux “pots” représentent  symboliquement la pharmacie et l’hôpital.

Naissance d'une sculpture-Pierre Leblanc-Rencontre Soeur Marie Therese-Coffre

 En 1903 au mois d’août, douze sœurs sont arrivées dans ce petit couvent et treize l’année suivante. La valise c’était la valise de sœur Thérèse de Jésus, Cécile Drolet. C’est tellement symbolique. Cette valise (ma mère en avait une pareille), c’est toute l’histoire de la communauté qui est à l’intérieur : ses espoirs et ses malheurs aussi.  Car il faut savoir que lorsque la petite Soeur Drolet est partie pour la France avec un  idéal en tête, elle s’est retrouvée en 1903 dans un contexte de  pauvreté, de dépouillement et d’isolement… Partir en exil pour rejoindre un autre exil…

Début du processus

  Le processus de Naissance d’une sculpture débuta lorsque j’ai reçu cet appel d’offres, le 24 septembre, qui stipluait : 

Les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier et l’Institut Saint-Joseph vous invitent à concevoir et réaliser une œuvre sculpturale extérieure pour commémorer l’œuvre centenaire d’éducation des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier, fondatrices de l’Institut Saint-Joseph.

Cette œuvre doit répondre aux critères suivants :

  • Être constituée d’un matériau durable;
  • Être significative de l’œuvre d’éducation des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier;
  • Ne pas être trop stylisée de sorte qu’il soit facile d’en lire le sens;
  • Être orientée vers l’avenir;
  • Intégrer son éclairage;
  • Intégrer le texte suivant : « 1913-2013 Hommage aux Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier, fondatrices de l’Institut Saint-Joseph».

Cette œuvre sera implantée au 900, avenue Joffre, Québec, sur le socle prévu à cette fin, à l’entrée principale de l’Institut.

Naissance D'une sculpture-Pierre Leblanc

Socle à l’entrée principale de l’Institut Saint-Joseph

 C’est à partir d’ici que tout a commencé. J’ai demandé à la personne responsable s’il y avait des documents ou toutes autres pièces me permettant de réfléchir au projet.  On me signifia qu’il y avait un petit Musée mis sur pied par les Sœurs et que l’une d’elles, Sœur Marie Thérèse, serait prête à m’accueillir et commenter une visite pour moi.